Les pieds dans le béton

Est-il trop tard pour enfiler sa paire de « rangeo » et aller voir ailleurs ?

Thomas et Martin ont grandi dans les années 80 à Bruxelles. A 10 ans, ils étaient déjà unis comme les doigts de la main, un Thomas plutôt calme fasciné par l’énergie d’un Martin « petit agité » qui grandissait dans l’ombre d’un frère autiste et d’un père quasi absent. A l’adolescence, ils sont devenus potes de tous les instants, écumant les squats et les concerts punk.
Puis la distance s’est un peu creusée. Martin a gardé la rage de sa jeunesse et sa soif de liberté sans condition. Thomas a opté pour une vie plus rangée, une vie de famille et un bon boulot.

Aujourd’hui, Thomas lorgne sa vieille paire de rangers reléguée au placard il y a plusieurs années. Est-il trop tard pour l’enfiler, grimper dans le premier train et tailler la route ? Par hasard il retrouve Martin, toujours punk, avec ses allures de vieux briscard davantage familier de la rue que du confort moderne d’une maisonnée de banlieue.
Les voilà de nouveau réunis, évoquant leurs parcours et leurs souvenirs toujours vifs. A travers la ville qu’ils sillonnent, le bitume savoure leurs retrouvailles et dessine de nouveaux possibles.

L’histoire est simple, diablement efficace et parfaitement mise en valeur par les très chouettes illustrations de Mikaël Ross. Un mélange de crayonné et d’aquarelle et une palette de bleus, de rouges et de noirs qui collent très bien avec l’esprit à la fois sensible et brutal du récit.

Voici une excellente BD qui relate avec beaucoup de réalisme les désillusions, l’empreinte du temps, l’insouciance, la colère mais aussi l’espoir, et surtout une magnifique histoire d’amitié, entière et complexe.

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Les pieds dans le béton / scénario Nicolas Wouters, dessins Mikaël Ross. Editions Sarbacane. 2013

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